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“Non, désolée.”



Si vous attendez des jumeaux, vous ne savez pas encore que dès leur naissance, des inconnus vont se mettre à vous parler, des dizaines de fois par jour, pour vous demander si ce sont des jumeaux. Ben oui, pardi. Mais ce n’est pas tellement grave. Lassant, au pire, ça je vous l’accorde. Mais grave, non.

En revanche, ce qui devient plus gênant, c’est que ces inconnus n’en restent jamais là. En général, la question qui suit, ou plutôt la remarque qui suit, c’est : “C’est pas trop dur ?” ou pire : “C’est un boulot à plein temps, hein ?”
Euh… non.

En fait, il y a plusieurs choses qui me dérangent lorsque j’entends ça :
– D’abord non, mes jumeaux ne sont pas un boulot, mon boulot c’est ce que je fais du lundi au vendredi entre 9h et 18h pour gagner ma vie, en fait, et mes enfants ne rentrent pas dans cette définition. Mes jumeaux, ce sont mes plus grandes sources de joie, de surprises, de découvertes.
– Ensuite, la question qui est posée n’est en fait jamais une question. La personne qui vous la pose n’attend jamais d’autre réponse que “oui, c’est très dur” ou “oui, on fait ce qu’on peut”. On attend de vous que vous vous plaigniez d’avoir des jumeaux, que vous trouviez ça très dur, parce qu’il ne peut pas en être autrement. Alors je ne vais pas essayer de faire croire à qui que ce soit que ce n’est jamais difficile de s’occuper de jumeaux, mais vraiment, sincèrement, au quotidien, ce n’est pas du tout ce que je retiens de cette merveilleuse aventure, et j’aimerais avoir le droit de dire ouvertement à quel point j’ai de la chance et à quel point je suis heureuse.
– Enfin, quand bien même je serais dans une période difficile avec mes enfants (parce que oui, bien entendu, ça arrive !), il ne me viendrait pas à l’esprit de le dire devant eux. Ce ne sont pas des bouts de bois, ils comprennent parfaitement ce qu’on dit, très tôt, bien avant de savoir parler eux-mêmes. Et je n’ai pas envie que mes enfants grandissent avec l’idée qu’ils sont une charge pour moi, un fardeau, une source de difficultés et d’une manière générale je n’ai pas, moi, envie de devoir subir cette négativité ambiante au quotidien, alors que je n’ai rien demandé à personne et que l’avis de ces inconnus sur ma situation m’importe finalement assez peu.

J’ai longtemps cherché comment répondre à ces remarques. J’ai essayé beaucoup de choses, du sourire poli (sans répondre à la question et en passant mon chemin) à la pure et simple dénégation (non, non, vous savez, ce n’est pas aussi difficile que ce que vous imaginez…) mais ça ne m’a jamais pleinement satisfaite. Et puis un jour, j’ai trouvé. Je réponds tout simplement : “Non, désolée.” Sans me fâcher, sans rentrer dans de grandes explications ou pire, des justifications de ce non.
“C’est pas trop dur ?” – “Non, désolée.”
“C’est un boulot à plein temps, hein ?” – “Non, désolée.”

En répondant de cette façon, je réponds clairement non, mais surtout je dis “désolée”. Je m’excuse de ne pas être d’accord avec mon interlocuteur(trice). Je lui fais tacitement comprendre qu’on n’est pas obligé(e) de trouver ça dur, ou a minima qu’il y a beaucoup d’autres choses dans le quotidien avec des jumeaux qui font que ce qu’on en retient in fine, ce n’est pas la difficulté ; ce qui prend le pas sur la difficulté, c’est tout le reste, la beauté de leur relation si unique, le bonheur de les voir rire et jouer ensemble, le bonheur d’être doublement maman quand on est passé, comme beaucoup de parents de jumeaux, par la difficulté d’avoir des enfants et par la PMA.

Alors bien sûr, je ne m’attends jamais à ce que cet(te) inconnu(e) entende ou comprenne tout ça derrière mon “non, désolée”, mais je sais que cette réponse dérange, fait réfléchir, leur fait sentir que quelque chose leur échappe et qu’ils sont au moins en partie dans l’erreur. Les réactions que j’ai à ce “non, désolée” sont au pire de l’incrédulité empreinte d’incompréhension, mais ça a au moins l’avantage de faire tourner court la conversation, et au mieux, parfois, une réponse gênée et maladroite du type : “Ah oui, bien sûr, c’est aussi beaucoup de bonheur !” qui prouve que la personne a entendu le message. Ca reste rare, bien sûr, mais ça fait du bien.

Et vous ? Avez-vous essayé le “non, désolé(e)” ou avez d’autres réponses favorites ? J’aimerais beaucoup savoir ce que vous avez essayé et avec quels résultats !

Some Toughts (2)

  1. Julie
    added on 22 Nov, 2018
    Répondre

    Je viens de le partager, tellement Vrai! Il faut eloigner la negativite Ambiante, nos enfants entendent ces remarques E tu le soulignes si bien, c’est ce qui me derange le plus je pense.

    • Déborah Lepunski
      Déborah Lepunski
      added on 22 Nov, 2018
      Répondre

      Oui, et je n’ai pas fini de parler de ce sujet 😉

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