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Parents de jumeaux : le regard des proches



Cet épisode est un peu particulier, parce que j’ai décidé de vous livrer une confidence, à vous, auditrices, auditeurs, qui attendez des jumeaux ou peut-être même pas, ou peut-être pas encore, parce que cet épisode m’a été inspiré par un échange par mail avec une femme qui se reconnaîtra et m’a fait par via le site Léo et Léa de se lancer elle aussi dans un parcours de PMA à l’étranger en tant que femme célibataire. Elle n’est pour l’instant pas enceinte, elle n’a même pas encore commencé le protocole, mais elle écoute, comme d’autres dans son cas, ce podcast écrit et réalisé par une femme qui a fait quelques années avant elles le même choix personnel.

Et, que vous soyez ou non dans cette situation, que vous soyez en couple ou pas, que vous ayez eu recours à la PMA ou pas, n’est finalement pas tellement ce qui m’importe dans cet épisode. Je voulais simplement parler du regard des autres, une fois de plus, sur votre situation de parents de jumeaux ou de futurs parents de jumeaux, mais pas de n’importe quels autres : celui de vos proches.

Et je vais pour cela vous raconter une anecdote, parce qu’elle se suffit à elle-même à ce sujet, je crois. Je prends donc ici le risque de faire un “hors sujet”, mais j’ai quand même l’impression que ce thème revient souvent dans nos échanges avec toutes celles et tous ceux qui se lancent dans l’aventure de faire des enfants tout seuls, jumeaux ou non, ou qui ont des difficultés pendant longtemps à avoir des enfants et découvrent un jour qu’ils attendent des jumeaux. Et cela n’est même pas limitatif, car avoir des jumeaux est toujours une surprise, j’imagine, PMA ou pas, et que ça peut concerner ou intéresser beaucoup plus de personnes que les seules femmes qui en ont eu, comme moi, suite à une PMA en tant que célibataire.

Cette histoire remonte à quelques semaines avant mon insémination avec un donneur anonyme en Espagne. Mon père était au courant de ma démarche et la soutenait, mais il me restait à prévenir ma mère, et ce n’était pas si simple. Je savais déjà qu’elle n’allait pas sauter de joie en l’apprenant, mais j’avais malgré tout l’espoir secret qu’elle puisse le comprendre… un peu, au moins, elle qui m’avait eu “tard”, comme on dit, à 35 ans, et qui n’a pas eu d’autre enfant, même si l’histoire ne dit pas si c’est un regret ou non pour elle. Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai finalement fini par le lui dire, alors que je passais déjà tous les examens médicaux nécessaires, elle ne m’a finalement pas dit grand-chose. Elle n’était clairement pas pour, mais je pense qu’elle était tellement scotchée qu’elle n’a pas su quoi dire et ne m’a pas embêtée avec ça, d’autant qu’elle savait que c’était de toute façon peine perdue, d’une part parce qu’elle ne m’aurait pas fait changer d’avis, et d’autre part parce que nos relations n’étaient déjà pas terribles depuis longtemps et qu’il ne servait à rien de remettre de l’huile sur le feu.

Quelques semaines plus tard, quand je suis tombée enceinte et que j’ai appris que j’attendais des jumeaux, j’ai paniqué. Ce n’était pas du tout un souhait et j’avais donc toujours balayé du revers de la main cette éventualité. Le jour où je l’ai appris, une semaine à peine après avoir su que j’étais enceinte, elle a été la première à qui j’ai dit que c’étaient des jumeaux. Je ne savais pas quoi dire et encore moins à qui, alors c’est à elle que je l’ai dit. J’étais en pleurs, et sa réaction, cette fois-ci, m’a scotchée, moi. Elle n’a pas eu de réaction alarmiste, loin de là. Bien au contraire. Elle m’a confié qu’à son époque, alors que les échographies étaient moins nombreuses pendant la grossesse et pas d’aussi bonne qualité qu’aujourd’hui, on lui avait dit pendant son premier trimestre de grossesse qu’elle attendait des jumeaux. Elle avait d’abord eu la même réaction que moi, puis s’était très vite rendu compte qu’elle n’arrivait plus à envisager sa grossesse autrement que gémellaire. Quand on lui a dit au second trimestre qu’il n’y avait finalement qu’un seul bébé, elle a été profondément déçue et triste. Elle m’a dit : “tu verras, c’est une chance extraordinaire que je n’ai pas vécue, mais je sais que dans une semaine tu n’auras plus aucune angoisse, et tu seras très contente.” Première surprise pour moi quant au comportement de ma mère qui ne m’avait pourtant pas soutenue dans ma démarche initialement.
Deuxième surprise pour moi (et grande satisfaction !) quand je l’ai vue pour la première fois depuis des lustres (je l’ai dit, nos relations n’étaient vraiment pas au beau fixe) avec mes jumeaux d’un an. Là, elle m’a simplement dit : “je me faisais du souci pour toi, mais aujourd’hui je me rends compte que tu étais tout simplement faite pour ça.”

Alors, quand les choses ne sont pas simples à comprendre pour vos proches, quand leur réaction à l’annonce d’une grossesse gémellaire n’est pas celle que vous attendez, quand ils remettent en cause peut-être votre capacité à faire face à ce qui vous attend, laissez-leur vous aussi le temps de changer d’avis, car ils finiront sûrement par le faire, n’ayez aucun doute là-dessus.

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