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Pourquoi vous devez craquer devant vos jumeaux



Avoir des jumeaux, c’est dur. Au début surtout, paraît-il, même si je ne partage pas complètement ce point de vue. Mais force est d’admettre que, d’accord ou pas, j’ai été la première à me laisser déborder par le sentiment de ne pas pouvoir faire face à la situation pendant les premières semaines. Je me suis sentie nulle, pas prête à ça, incapable de comprendre leurs pleurs ou de pouvoir les soulager… J’étais fatiguée, j’avais du mal à me remettre de ma césarienne et j’étais en pleine chute d’hormones. Bref, en un mot, je pleurais. Tout le temps. Et j’en ai ressenti une culpabilité énorme. Pleurer, c’était m’avouer mon désarroi, mon incapacité à prendre la situation à bras le corps pour m’en sortir, c’était découvrir la facilité avec laquelle je baissais les bras face à l’adversité, moi qui avais toujours pensé que je saurais y faire face quoi qu’il arrive. Je pleurais en secret, je retenais mes larmes devant mes nouveaux nés, convaincue que mes tout petits étaient déjà de grosses éponges, et qu’ils ne devaient surtout pas ressentir ni ma peine ni ma culpabilité déjà si grande.

Et un jour, j’en ai parlé à une amie. Une seule. Une amie qui n’a pas d’enfants, qui n’en veut même pas particulièrement. Je lui en ai parlé dans un de ces moments de détresse où je pouvais enfin laisser sortir mes larmes, et voici ce qu’elle m’a dit.

« Ta douleur, ta peine, ta tristesse, tes bébés la ressentent. Inutile d’essayer de la leur cacher. Quoi que tu fasses, ils sentiront ton mal-être. Oui, ce sont des éponges à émotions, et bien sûr que tu voudrais ne pas leur transmettre d’émotions négatives.

Mais le fait est qu’ils ont plus besoin d’émotions négatives que pas d’émotions du tout. Comment veux-tu leur apprendre la joie et le bonheur si tu ne leur apprends pas la tristesse et la douleur ?

Tu veux déjà être une maman parfaite, mais tu ne l’es pas, et tu ne le seras jamais. Être une super maman, ce n’est pas les protéger de tout, c’est leur donner les clés pour comprendre le monde qui les entoure et qui n’est pas toujours beau, et encore moins parfait.

Et le fait est que tu as de bonnes raisons de ressentir toute cette peine en ce moment. Tu es en pleine chute d’hormones, tu n’as pas encore récupéré de ton accouchement, ton corps n’est plus le même et tu te sens terriblement démunie face à ces deux bébés. Tout est tellement nouveau, dans cette vie de maman de jumeaux !

Et ça, ils peuvent le comprendre. Pas comprendre les mots, mais comprendre ton intention, ta tonalité de voix, le fait que tu ne leur en veux pas, le fait que tu mettes des mots sur tout ça. Ils comprendront que tu es en train de leur expliquer tout ça, et ils en seront soulagés. Explique-leur. Dis-leur que tu es triste, que c’est normal, que tu as mal partout et que tu as peur de mal faire aussi. Dis-leur que tu les aimes mais que tout ça est nouveau pour toi, que tu as besoin de temps pour que vous appreniez à vous connaître, à vous comprendre, qu’on ne t’a pas donné le mode d’emploi et que tu as peur de ne pas y arriver, même si au fond de toi tu sais que tu vas y arriver. Dis-leur tout ça, et tu verras que ça te fera du bien, que tu seras déjà moins triste de le leur dire, de te décharger d’un peu de ta culpabilité bien normale de jeune maman. Fais-le. »

Et je l’ai fait. Et c’est vrai qu’un miracle s’est produit. Pas chez mes jumeaux, mais chez moi. Je me suis autorisée à pleurer, à être dépassée, perdue, coupable, et je me suis pardonnée. J’ai pris conscience de l’ampleur de la tâche, mais je ne m’en suis sentie que beaucoup plus forte de l’affronter, je me suis sentie immédiatement beaucoup plus à la hauteur, je n’ai plus eu mal au dos, j’ai eu confiance en moi et en mes capacités à devenir, à être une super maman de jumeaux.

Exprimer mes faiblesses, ça a été paradoxalement le meilleur moyen de me découvrir une force intérieure incroyable.

Alors si vous avez peur de craquer devant vos jumeaux… souvenez-vous de ça : vous avez le droit de craquer, vous avez même le devoir de craquer, de tout lâcher, et si vous ne pouvez pas le faire ailleurs que devant vos jumeaux, faites-le plutôt que d’essayer de leur cacher, et expliquez-leur ce qui se passe, car ce sont aussi des émotions qu’ils seront amenés à connaître et que vous voulez leur apprendre à gérer.

Les rires, les joies, les petits bonheurs et les grandes réussites viendront aussi, n’en doutez pas !

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