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Peut-on vraiment s’occuper de la même façon de chacun de ses jumeaux ?



Il n’est pas rare, quand on des jumeaux, d’avoir assez vite le sentiment de s’occuper plus de l’un que de l’autre. Ça peut être le résultat d’une situation dans laquelle l’un a nécessité plus de soins et de surveillance que l’autre, par exemple, ou être seulement une impression, réelle ou supposée, que l’on accorde plus de temps à l’un qu’à l’autre, et en particulier plus de temps de qualité à l’un qu’à l’autre (comme des câlins, des temps de jeux, etc.)

Quand je dis que ce n’est pas rare d’avoir ce sentiment en tant que parents de jumeaux, c’est un euphémisme. En fait, c’est plutôt le contraire qui est rare… Et pour cause !

Bébés différents… besoins différents

Lorsque les deux parents sont à peu près présents de la même façon, j’entends par là « en quantité », il peut arriver – sans que ce ne soit voulu – que les parents « se répartissent » les bébés. C’est souvent là encore le résultat d’une situation dans laquelle l’un des bébés a nécessité plus d’attention que l’autre à la naissance et que la mère, qui est généralement celle qui a passé le plus de temps avec eux pendant les premières semaines au moins en raison de son congé maternité, s’est souciée plus d’un bébé que de l’autre, l’a plus pris dans ses bras que l’autre, et que ses pensées ont plus été dirigées vers lui.elle. Ça devient une habitude, un automatisme, et lorsqu’on s’en rend compte, le « mal » est déjà fait – croit-on – et il est déjà un peu tard pour faire machine arrière. Comme on a de toute façon d’autres problèmes plus urgents à traiter avec des jumeaux, on se laisse ronger par cette culpabilité insidieuse mais on repousse toujours la résolution du problème à plus tard.

Et s’il n’y avait au fond aucun problème avec ça ? Et si on s’autorisait à admettre une bonne fois pour toutes ce qui est pourtant l’évidence même : les jumeaux sont des enfants différents, aux besoins différents, et qu’on a donc le droit (et même le devoir !) de les traiter de façon différente.

Privilégiez la quantité plus que la quantité

On sait aujourd’hui avec certitude que le psychisme du nourrisson et du jeune enfant ne retient pas la quantité mais bien la qualité du soin et du relationnel. Alors il est inutile de chercher à vous y prendre toujours « de la même façon » pour vos jumeaux. Vous n’y arriverez pas et c’est tant mieux ! Vous verrez même rapidement que les mêmes causes ne provoquent pas les mêmes effets, preuve s’il en est qu’ils sont bien différents. Et voudrait-on vraiment qu’il en soit autrement ? Certainement pas. Personne ne souhaite que ses jumeaux soient des clones, bien au contraire !

Quand vous vous occupez moins de l’un que de l’autre, vous ne le délaissez pas. N’oubliez jamais qu’il ne raisonne pas comme vous et qu’il ne « calcule pas ». C’est votre perception, mais si vous répondez à ses besoins, alors il n’aura jamais l’impression qu’on lui retire quelque chose ni que vous donniez « davantage » à l’autre.

Faites-leur confiance

En admettant malgré tout que vos bébés ressentent cette différence de traitement, dites-vous bien qu’ils sont en mesure de la comprendre et de l’accepter. Expliquez-leur la situation, les besoins de chacun, et vous verrez qu’en grandissant, quand la situation se reproduira plus tard, à un âge où ils sont libres de leurs mouvements et où ils parlent, ils accepteront d’autant plus facilement que vous disiez à l’un que vous avez envie de faire un câlin avec l’autre seulement, et que l’autre aura son câlin à son tour ensuite, et vice versa.

Et si l’un des deux ressent vraiment un manque, il saura vous le faire comprendre. Cela prend en général la forme d’une régression, sur l’alimentation, le sommeil, ou d’autres choses plus anodines, comme un retour à la tétine, et c’est un message qui nécessitera de toute façon une réponse de votre part et qui permettra de rééquilibrer naturellement la situation.

Croyez-le ou non, mais cette situation est nettement plus difficile à vivre pour vous que pour eux.

Laissez faire le temps

Les choses changent. Un bébé qui aura nécessité beaucoup d’attention pendant les premiers mois aura probablement envie de liberté par la suite et l’autre en profitera pour demander plus d’attention à ce moment-là. On s’inquiète, on se ronge les sangs pendant des mois et un jour on réalise que la situation s’est inversée. Et elle s’inversera encore !

Là aussi, il faut garder en tête que l’évolution des bébés, des enfants, n’est pas linéaire. De grands apprentissages les attendent pendant leurs premières années de vie et ils les feront à leur rythme, en vous sollicitant s’ils ont besoin de votre aide, et cela vous donnera amplement l’occasion de vous occuper de chacun quand il en aura besoin.

Donc pas d’inquiétude, vous êtes là et vous serez là pour eux quand ils ont besoin de vous.

Réservez-vous des moments en tête-à-tête avec chacun… si c’est possible

C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire. J’ai déjà donné des conseils dans un précédent épisode sur la façon de trouver des moments de tête-à-tête avec chacun de vos jumeaux, mais le fait est que l’on peut rapidement se laisser déborder par la fatigue, la frustration et la confusion qui résulte de toutes les choses à faire au quotidien avec deux bébés et ne pas y arriver. On ne trouve pas de temps dédié à chacun, on aimerait avoir le temps de faire ce qu’on ferait avec un singleton : faire de longs câlins, les laisser s’assoupir sur notre poitrine, ou faire une promenade à deux avec un bébé bien calé dans son porte-bébé… C’est absolument normal de ressentir ce manque. Vous ne le ferez pas, ou peu, trop peu à votre goût sans doute, avec des jumeaux. Vous en serez peut-être triste, mais dans ce cas pensez à toutes les belles choses que vous vivrez et qu’ils vivront grâce à leur gémellité, et vous verrez que cette petite concession vaut vraiment le coup d’être faite.

Vous ne vivrez peut-être pas ce que vivent les parents de singletons, mais les parents de singletons ne vivront jamais ce que vous vivrez avec vos jumeaux.

Apprivoisez votre culpabilité

La culpabilité et les doutes sont toujours livrés aux parents en même temps que leurs enfants, et c’est bien sûr encore plus vrai lorsqu’il s’agit de jumeaux, en raison de cette comparaison permanente qu’on s’inflige malgré nous et cette égalité parfaite qu’on aimerait respecter dans tous les domaines vis-à-vis d’eux alors que c’est parfaitement illusoire et surtout inutile.

La culpabilité est inévitable quand on est parent, alors je ne vous dirai pas de déculpabiliser. Le simple fait de culpabiliser est après tout bien le signe que vous vous préoccupez finalement autant de celui dont vous pensez moins vous occuper ! Donc tout est normal, tout va bien, et je serais beaucoup plus inquiète pour ma part si je ne rencontrais que des parents de jumeaux qui ne culpabilisent pas de s’occuper différemment de leurs enfants.

En culpabilisant, vous êtes déjà psychiquement dans une attitude positive (malgré les apparences !) qui consiste à « rééquilibrer » la situation, en admettant que ce soit nécessaire. Se rendre compte que l’on traite différemment ses jumeaux, l’accepter, se poser des questions là-dessus, c’est déjà avoir résolu une grande partie du problème.

Alors respirez un bon coup et souvenez-vous que vous avez une chance immense d’avoir de merveilleux enfants heureux d’être deux, et que le reste est finalement assez accessoire.

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